Un peu de tout, de tout un peu mais surtout trois fois rien, juste ce qui peut me passer par la tête

samedi 14 octobre 2006

Un autre vrai bout de moi.

La vie est drôle quand même !

Je me suis inscrite il y a quelques temps (mais pas trop) sur le site "Photo de Classe", un site qui est basé sur le même principe que celui de "Copains d'Avant". En m'inscrivant j'espérais retrouver des copains de primaire, de ma première primaire, celle dont je garde les meilleurs souvenirs. J'ai consciencieusement fourni les renseignements demandés, mon cursus scolaire en particulier. Depuis je reçoit régulièrement des alertes de "Photo de Classe". J'y ai vu passer des noms de personnes qui me disaient vaguement quelque chose mais pas assez pour que je me risque à envoyer un message.

Puis ce matin, oh surprise, j'ai reçu un message d'une personne elle aussi inscrite sur "Photo de Classe". Il s'agit de C. avec qui j'ai été au collège et au lycée. Elle me raconte sa vie, je lui raconte la mienne. J'étais plutôt contente de la retrouver, même si .... même si une part de rancoeur remontait à la surface. Tout ce qu'elle m'avait fait subir avec ses copines alors que nous étions sensées êtres amies ... Les vexations, les moqueries, et j'en passe. Tout ce qui m'a tant fait souffrir. Sans que je sache comment, nous en sommes arrivés à parler justement de ces histoires. Elle a bien reconnu s'être amusé sur mon dos, plus d'une fois. Mais elle ne se souvenait pas de ce dont moi justement je me souvenais le mieux, dont je me souviens encore et qui me blesse encore, qui ont participé à ce que je suis devenu d'une manière plus important qu'on pourrait le croire. Deux souvenirs, deux blessures. Un auquel elle a assisté en tant que spectatrice (enfin il semblerait) et un où elle a joué un rôle bien plus actif.

Le premier se passe en 96, juillet. Je suis en vacances sur l'île d'Oléron et mes parents ont eu la bonne idée d'inviter ma copine C., avec qui je dois entrer en internat à la rentrée, avec qui je m'entends plutôt bien. En fait avec A. une autre copine, C. et moi nous formions un trio amical. Seulement dans le trio amical il y en a toujours une de trop. Et évidement j'étais celle de trop. Tout allait bien quand j'étais seule avec C. ou avec A. mais dès qu'on se retrouvait toutes les trois j'étais celle subjuguée par les deux autres, qui en jouaient. Moi l'intello, plus ou moins écartée de tous à cause de ça, je m'accrochais. Je ne supportais pas de voir A. et C. si bien s'entendre, j'avais peur que leur amitié n'efface la nôtre, j'avais peur de me retrouver de nouveau seule. J'aimais mes livres, les moments passés avec eux mais j'ai toujours ressenti un terrible besoin d'affection, de moi vers les autres mais aussi de eux vers moi, ma plus grande crainte a toujours été de me retrouver seule, sans personne à aimer, sans personne pour m'aimer. Et pourtant, ou plutôt à cause de ça, je me suis toujours comporté très cruchement, très gaminement, très jalousement aussi envers ceux à qui je dispense mon affection. Trop peur qu'ils ne me laissent.
Donc ce fameux trio a tenu tant bien que mal toute la classe de troisième et s'est fortement craquelé en fin d'année. Départ en vacances avec C.comme je l'ai déjà dit. Ca se passe plutôt bien, on s'amuse bien jusqu'au jou où ...
Nous partions un mois et donc mes parents faisaient suivre le courrier sur notre lieu de vancances. Et un jour j'ai reçu une lettre de A, une lettre très insultante pour moi et mes parents. C. n'y était pour rien puisqu'elle était là avec moi, elle ne pouvait pas l'avoir écrite. Et pourtant A. insinuait que C. partageait son opinion. Réponse de C. et de moi à cette lettre, je ne sais plus ce qu'elle contenait, juste qu'on avait fait ça en secret de mes parents, je n'éprouvais pas le basoin de leur en parler. Une autre lettre de A. a suivi, encore plus insultante, qui touchait à mes parents cette fois. Et quelle qu'ait été ma relation avec mes parents et les raisons qui m'avaient poussées à demander l'internat pour la classe de seconde, je ne pouvais pas laisser ça sans réponse. Mes parents ont lu cette lettre, la première aussi, se sont rapproché des parents de A. pour les informer de ce qu'il s'était passé. Entre temps C. avait retrouvé A. et moi je me suis retrouvée seule. J'ai eu tout le mois d'Août pour ruminer ...
A la rentrée C. et moi nous sommes rejointes à l'internat. Et nous avons commencé la comédie de l'amitié. Car ce n'était qu'une comédie, presque une guerre en fait. Ma réputation d'intello m'avait suivi, C. était la fille cool, amie de tous et toutes. Moi j'étai sl'intello faillote qu'on va voir quand il y a un devoir ou un exposé à faire, la déléguée de classe qu'on chouchoute au moment des coneils. Coups de gueules et de rire se sont succédés toute l'année jusqu'à l'Incident. Je partageais la chambre de filles "populaires", auquelles je voulais ressembler, je faisais plus tache qu'autre chose. J'aurais donné toutes mes bonnes notes ne serait-ce que pour le quart de leur facilité à se faire accepter de tous. Seulement, un soir, ces filles ont commencé à fumer dans la chambre. Ca me gênait, je m'en suis plainte. Elles se sont moqué, je suis allée voir la surveillante. Autant dire que je me suis fait des amies. Une sale réputation. J'ai du changer de chambre. Mais ce n'est pas si facile que ça en internat de fille. Chaque chambrée a son fonctionnement et même si je m'entendais bien avec les filles de ma nouvelle chambre, je me sentais de moins en moins bien. Et C. dans tout ça ? Un jour elle aussi a changé de chambre, par envie et non comme moi par obligation. Elle s'est retrouvée dans ma chambre. Et je me suis retrouvée encore plus seule. Je me demande encore pourquoi je n'ai pas demandé à quitter l'internat, je pouvais très bien aller au lycée en transports en communs de chez mes parents, je l'ai d'ailleurs fait les deux années suivantes. Peut-être que je préférais encore l'ambiance de l'internat que celle de chez mes parents. Enfin ...
C. s'est retrouvée dans ma chambre, très amie avec une fille en particulier, D. qui avait la fâcheuse tendance à se moquer de tout et de tous. Et ça a commencé, un peu à la fois ... De la laque dans mon mascara (je l'ai su le jour où un mec m'a demandé si je n'avais pas les yeux trop collés ! Tout le monde était au courant sauf moi évidement !), une autre fois, du sel dans ma crème hydratante ou des gousses d'ail dans une peluche à laquelle je tenait beaucoup. Et pour finir en apothéose ... Dans les dernières semaines de cours, je suis revenue de ma douche, la chambre était étrangement calme. Quand j'ai voulu entrer dans mon lit, j'ai trouvé celui-ci rempli de shampoing, parfums, déchets, pages de livre déchirées et autres saletés et mon oreiller imbibé du contenu de tout ce qui se compte comme produit d'hygiène dans une chambre de fille ! Et tout le monde autours qui riait, particulièrement C. et D. Moi j'étais anéantie ... tant de haine ... je ne l'aurais jamais cru ! Cette histoire s'est soldée par le renvoi temporaires des deux auteures et j'ai fini mon lycée sans beaucoup de contact avec C.

Ces deux petites histoire peuvent paraître de peu d'importance et pourtant elles ont énormément contribué à faire de moi ce que je suis. Par ces deux inci-accidents, je me suis sentie tellement écrasée que j'ai souhaité avoir la force de ne plus jamais l'être. J'ai eu tellement mal à mon affection que j'ai décidé de choisir ne plus m'écraser face aux autres, de ne plus leur laisser me dicter ma conduite pour être accepter mais plutôt de ne pas leur laisser d'autre choix que de m'accepter comme je suis. J'ai fait beaucoup de chemin dans cette voie. J'ai fait souvent marche arrière, je m'en suis souvent voulu mais j'ai avancé quand même. Et j'ai encore tellement de progrés à faire !

Je disais en ouverture de ce texte que la vie est drôle. Je l'ai constaté aujourd'hui en discutant avec C. Pour elle ces deux incidents, tellement importants pour moi, n'était rien que des souvenirs, et encore ! Pour les lettres elle ne s'en souvenait même pas. Quand à l'internat elle en riait encore avec D, avec qui elle a renoué, il y a peu. Alors que pour moi ces événement font parti des événements formateurs. Je n'y avait plus pensé depuis longtemps. Mais j'ai toujours détesté mes années collège et lycée. Détesté la manière dont elles s'étaient déroulé, détesté ce que j'étais à ce moment là, cette adolescente invisible, influençable au possible, tellement perdue, tellement en retard sur les autres, tellement complexée de sa réussite. Tellement mal dans sa peau ! J'en ai voulu à C. sur le coup puis je ne me suis plus souvenu que de ces événements et j'ai oublié mon ressentiment. J'étais même contente de retrouver C. Mais qu'elle ne compte pas sur moi pour regretter les années lycée. Les meilleurs moments que j'ai vécu à cette époque se sont déroulés hors du lycée, hors du temps même.

Alors si C. vient faire un tour par ici (puisqu'elle a l'adresse), je voudrais qu'elle sache que je suis contente de l'avoir retrouvée, contente de voir qu'elle a pu construire une vie, une famille malgré tout ce qui a pu lui arriver, malgré les batons qu'on lui a mis dans les roues. Je voudrais lui répéter que je ne lui en veux plus de ce qui a pu se passer mais que ça reste en moi, là, bien présent, que je ne suis pas prête à l'oublier. Je voudrais lui dire que même si nous gardons le contact, cela restera un contact, un regard vers le passé. J'ai tiré un trait sur ce passé, je veux aller de l'avant maintenant et suis loin de penser que "c'était mieux avant".

- Pensée du jour - Avis sensés [8] - Permalien [#]

Avis insensés

    Il me fait penser à un truc, ton message : "ce qui ne te tue pas te rend plus fort", à une condition, seulement, savoir tirer les bonnes leçons.
    C'est pas facile à faire, on dirait que tu t'en sors plutôt vachement bien!

    Divagué par So, samedi 14 octobre 2006 à 17:59
  • Tu serais presque mon alter-ego féminin.

    Divagué par ZEL, lundi 16 octobre 2006 à 13:58
  • Ah voui ?

    Divagué par Fleur, lundi 16 octobre 2006 à 14:00
  • So => Je fais ce que je peux et ça m'az pris du temps pour surmonter tout ça (comprendre ce que je raconte là et d'autres choses encore !)

    Divagué par Fleur, lundi 16 octobre 2006 à 14:01
  • C'est juste pour dire je comprends tout à fait ton comportement de l'époque.
    Mais comme tu dis, on évolue, et heureusement.

    Divagué par ZEL, lundi 16 octobre 2006 à 17:28
  • Comme tu dis, heureusement !

    Divagué par Fleur, lundi 16 octobre 2006 à 18:01
  • Douce Fleur_de_java, c'est avec le plus grand désarroi que je te lis cette fois.
    J'ai l'impression qu'on vient de me replonger d'un coup la tête dans la cuvette de mes souvenirs méphitiques.
    je ne peux te donner aucun mot de réconfort, aucun conseil (d'ailleurs tu n'attends ni l'un ni l'autre), et pourtant j'aimerai tant !
    simplement je te fais un sourire (peut être de connivence) et j'espère que tu mesures le chemin que tu as parcouru et le beau résultat que tu as obtenu en devenant toi.
    Tout plein de bisous à toi et ton tien

    Divagué par Renardeau®, lundi 16 octobre 2006 à 19:11
  • A vous lire tous je me sens presque soulagée ... En racontant ces événements je me disais "Mais c'est ridicule d'avoir fait un tel foin de tout ça !", j'entendais presque la voix des lecteurs disant cela. J'avais oublié qu'à travers vos blogs et nos "discussions" j'avais pu m'apercevoir que vous n'étiez absolument pas du genre à rabaisser quelqu'un qui ne se trouve (ou trouvait, ça dépend des jours !) pas bien haut !

    Renardeau => Bises souriantes à toi

    Divagué par Fleur, lundi 16 octobre 2006 à 21:51

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